vendredi 27 juillet 2012

Les derniers jours de Stefan Zweig (Sorel et Seksik)



Quelle superbe BD je viens de lire ! J’en suis encore toute émue. Pour l’inconditionnelle admiratrice de Stefan Zweig que je suis, cet ouvrage est un coup de maître et apporte un éclairage tout en subtilité sur les derniers mois de la vie de cet auteur magnifique.

Stefan Zweig, grand humaniste et immense écrivain ne trouve pas sa place dans le monde décadent des années 40. Pourtant reconnu de tous pour son talent littéraire, son analyse de la société et sa connaissance aiguë du genre humain, Zweig est sans cesse obligé de fuir. Il fuit les nazis, qui brûlent ses livres, et quitte l’Autriche pour l’Angleterre, en 1931. Considéré à tort comme un Allemand, il s’expatrie ensuite aux Etats-Unis, mais ne parviendra jamais à obtenir un visa définitif. Il s’embarque alors pour le Brésil, sa dernière escale, avec Lotte Altmann, sa seconde épouse de trente ans sa cadette. Suite à la parution de son livre Brésil terre d’avenir, il y est accueilli de manière plutôt mitigée, accusé d’avoir passé sous silence la situation politique tendue de ce pays.

dimanche 15 juillet 2012

La mort s’invite à Pemberley (P.D. James)


Je dois m’excuser auprès de Jane Austen pour avoir impliqué sa bien-aimée Elizabeth dans une enquête pour meurtre, mais la fusion de mes deux passions (pour les romans de Jane Austen et pour l’écriture d’histoires de détective) m’a donné beaucoup de plaisir ce qui je l’espère sera partagé par mes lecteurs.
Pari gagné pour Phyllis Dortothy James, reine du polar de quatre vingt dix ans passés ! En tous cas pour moi, le plaisir fut bel et bien au rendez-vous. C’est pourtant avec un soupçon d’appréhension que j’ai abordée cette suite d’Orgueil et Préjugés. Admiratrice enthousiaste de l’œuvre de Jane Austen je craignais d’être déçue.

jeudi 28 juin 2012

Gregory Porter : Be good


S’il est un artiste qui confirme le dicton la musique adoucit les moeurs, c’est bien Gregory Porter. Il ne m’a pas fallu longtemps pour être conquise par cet auteur-compositeur, groover et….crooner. Après un premier album, Water, sorti en 2010, et un tube, 1960 what, repris par les plus grands Dj’s de la planète, il revient dans les bacs avec Be good, son second opus  », un petit bijou entre jazz et soul. Du caviar pour les oreilles, que j’écoute depuis quelques semaines, en boucle, partout, inlassablement. Il faut dire que la voix chaude et feutrée de Gregory Porter a le don de me faire flotter.

mercredi 20 juin 2012

La mémoire des autres (Anne-Lise Corbrion)

Voilà quelques semaines, la Fondation Bouygues Telecom a remis son prix Nouveau Talent à Anne-Lise Corbrion pour son roman La Mémoire des Autres. J’ai eu la chance d’assister à cette réception, l’auteure m’a aimablement dédicacé son livre et j’ai promis d’en dire ici un mot.  

La quatrième de couverture semblait prometteuse : Emma, infographiste, spécialisée dans la restauration de photos anciennes, développe, à la suite du décès de ses parents, un don peu commun : celui d’entrer en contact avec les disparus apparaissant sur ces clichés, grâce à des échanges de mails. Ces âmes en peine lui confient diverses missions qui, une fois accomplies, leur permettront de reposer en paix.

dimanche 10 juin 2012

Moonrise Kingdom (Wes Anderson)


Voilà bien longtemps que je n’avais pas vu de film aussi léger, bourré de tendresse et de fraîcheur, à prendre au premier degré sans y chercher un quelconque message subliminal. Juste écouter, regarder, et profiter…

Moonrise Kingdom, raconte le coup de foudre entre Sam, un gamin qui n’a pas encore mué, et Suzy, une ado en pleine puberté.
Selon le précepte bien connu « Pour vivre heureux vivons cachés »,  ils décident durant l’été 1965 de s’enfuir ensemble pour vivre leur amour loin d’un monde d’adultes trop bien réglé. Lui, binocles sur le nez et toque de Davy Crockett se charge de la logistique. Elle, grandes chaussettes blanches, robe rose bonbon et paire de jumelles toujours à portée de mains, joue les James Bond girl.
Sans rentrer dans les détails pour ne pas vous gâcher le plaisir, la cavale de nos tourtereaux sera l’objet de bien des rebondissements entre rire et émotion.

lundi 28 mai 2012

ARTEMISIA : POUVOIR, GLOIRE ET PASSION D’UN FEMME PEINTRE


Quelle excellente idée a eu le musée Maillol de consacrer une exposition à Artémisia ! J’ai eu un véritable coup de cœur pour cette artiste peintre du XVIIéme siècle (1593-1654), dont l’existence fut toute entière tournée vers la conquête de l'autonomie à une époque où les femmes restaient mineures à vie…

dimanche 20 mai 2012

Margin call (JC Chandor)


Le début sonne comme un petit air de 1984 de George Orwell : à titre individuel vous n’êtes rien et le jour où le régime n’a plus besoin de vous il vous fait tout simplement disparaître en effaçant votre identité. C’est ce qui se passe pour Eric Dale (interprété par l’excellent Stanley Stucci), analyste sénior au sein d’une banque d’investissement, dans laquelle il officie depuis 20 ans. Congédié en 5 minutes chrono, on lui demande de faire ses cartons à l’instar de quatre vingt pour cent de ses collègues. Téléphone portable résilié, accès aux mails supprimé, en quelques instants, il n’existe plus. Sam (Kevin Spacey), le patron, se lance alors sans une trace d’émotion dans un discours auprès des trente quatre « survivants », leur demandant d’oublier les noms des malchanceux et de se concentrer sur l’avenir : Show must go on ! Avant de prendre l’ascenseur qui le conduit vers la sortie, Eric a tout juste le temps de remettre à un jeune trader de son équipe, Peter Sullivan, une clé sur laquelle figure une analyse explosive de la situation financière de l’entreprise. Il ne faut pas longtemps à Peter pour s’apercevoir du désastre qui est entrain de s’opérer : depuis quelques jours, les actions de la société ne valent plus un sou. Pendant une nuit, la plus longue de leur vie, les dirigeants de la société vont devoir se mettre d’accord sur une décision lourde de conséquences pour sauver leur peau.